Abbatiale de la Trinité

UN DES PLUS BEAUX MONUMENTS ILLUSTRANT L'ARCHITECTURE DU MOYEN-AGE EN FRANCE ...

UNE ABBAYE PUISSANTE

L'abbaye bénédictine reçoit de ses fondateurs et cie leurs proches successeurs, d'importants privilèges : elle est exempte (c'est-à-dire qu'elle relève directement de l'autorité du Saint­ Siège et non cie l'Épiscopat) et cardinalice (depuis 1063, chaque abbé a reçu le titre de cardinal).

LA FONDATION

Le chroniqueur des comtes d'Anjou nous relate que par une nuit de 1032, Geoffroy Martel, devenu comte de Vendôme par droit de conquête, et son épouse Agnès, ont vu tomber trois étoiles dans une fontaine du pré situé en contrebas de leur château. L'évêque de Chartres consulté leur conseille d'édifier en ce lieu une abbaye dédiée à la Trinité, soudain matérialisée par ce surprenant phénomène. De nombreux bénédictins de Mannoutiers s'installent et dirigent les travaux de l'abbaye.

UNE PREMIÈRE ÉGLISE ROMANE

Dressé sur un plan semblable à l'église actuelle, ce premier édifice du XIème siècle nous a laissé en témoin le transept et les quatre piliers de sa croisée. Des voùtes angevines du XIIIème siècle couvrent les bras du transept.

L'ÉLAN GOTHIQUE

A la fin du XIIIème siècle, un élan gothique rayonnant va conduire les bâtisseurs bénédictins à reconstruire le choeur. Plusieurs interruptions vont se succéder dans la réalisation de l'édifice. Le transept roman, alors encore en place, va être conservé pour économiser les hommes et les finances. Au milieu du XIVème· siècle, deux travées vont être construites commençant ainsi l'édification de la nef. La guerre de cent ans provoque un nouvel arrêt des travaux. Ce n'est qu'au XVème siècle, que les efforts des moines reprennent pour achever l'édifice. Les travées qui sont alors construites témoignent de l'évolution qui s'opère, à l'époque, vers un gothique t1amboyant. Les chapiteaux disparaissent. Soutenues par des bases de plus en plus hautes, des nervures prismatiques s'élèvent d'un seul jet vers la voùte.

LA FAÇADE FLAMBOYANTE

Attribuée à Jean de Beauce, la façade parachève de magistrale façon, en 1506. l'Église Abbatiale de la Trinité. Elle dévoile au visiteur s'apprêtant à entrer. dans une disposition d'ensemble dynamique, un décor sculpté d'une très grande finesse.

LE CLOCHER

Sa position pourtant décalée de l'église nous donne l'occasion de mesurer près des quatre siècles qui le séparent de la réalisation de la façade. Construit au XIIème siècle, il rivalise d'ingéniosité autant dans son élévation d'une base carrée vers une flèche octogonale que dans le voütement de ses niveaux intérieurs. LA SAINTE LARME Entourant le choeur, une clôture, au délicat décor Renaissance, s'associe au monument de la Sainte Larme (XVIème siècle, soubassement encore en place). Geoffroy Martel, victorieux des Sarrasins, reçut des mains de l'empereur de Constantinople, cette Larme enchâssée dans un cristal, versée par le Christ sur le tombeau de Lazare. Du XIème siècle à la Révolution de 1789, la dévotion à la Sainte Larme donna lieu à d'importants pèlerinages. Après de nombreuses controverses, au XIXème siècle, la Sainte Larme emportée à Rome pour expertise n'en revint jamais.

LES STALLES

Les miséricordes des stalles du XVème siècle présentent de nombreux motifs et scènes sculptés. Démontées sous la Révolution pour servir de bois de chauffage, seules les parties basses ont été remises en place.

LES VITRAUX

Le choeur est illuminé de vitraux de la fin du XIIIème siècle s'ordonnant autour du thème de la Trinité : ainsi que d'un vitrail du XIVème siècle représentant Geoffroy Martel remettant à l'abbé de la Trinité le reliquaire de la Sainte Larme. Dans la chapelle d'axe, le vitrail le plus précieux est sans conteste celui de la Vierge de Vendôme (milieu du XIIème siècle), une gloire en forme d'amande nous la présente avec l'enfant dans un sentiment de douceur et majesté.

SALLE CAPITULAIRE

Enfin l'ensemble abbatial renferme entre autre, une très belle salle capitulaire (XIVème siècle) dans laquelle des fresques romanes du XIIème siècle aux couleurs remarquablement conservées vous seront accessibles en vous adressant au musée situé dans la même cour du cloître.